Recommandations pour le travail du sol
1. Laisser faire : Un sol fertile est un tissu vivant qui, comme notre corps, maintient son haut niveau d’organisation grâce à un métabolisme dynamique, à l’autorégulation et à la communication.
Le meilleur travail est effectué par l’édaphon. Les organismes du sol mélangent, aèrent, digèrent, agglomèrent et agrègent la terre d’une manière géniale et inimitable. Et nous ne disposons d’aucun outil qui travaille verticalement tout en aérant et en drainant - seuls les vers de terre en sont capables.
2. S’intégrer : Plus la force vitale et la capacité tampon du sol - comparables à notre système immunitaire - sont grandes, moins les outils utilisés ont d’importance - et inversement. Ce qui compte, c’est une communauté végétale diversifiée composée de cultures principales, de cultures intermédiaires et de plantes accompagnatrices, en particulier le développement de leurs racines, ainsi qu’un cycle fermé des matières organiques.
La technologie, toujours plus présente, ne devrait pas nous inciter à vouloir « maîtriser » la nature et le sol.
3. Attention : Les substances humiques sont des composés de nature protéique. Or, les recherches les plus récentes montrent que les protéines peuvent être modifiées dans leur forme et leur fonctionnalité par des ondes lumineuses ou musicales. Les plantes et les organismes du sol réagissent eux aussi avec une grande sensibilité aux stimuli environnementaux les plus divers.
C’est pourquoi, pour le sol comme pour nous, les humains, il est vital non seulement de bénéficier d’un bon apport de lumière, d’air, d’eau, de chaleur et de nutriments, mais aussi d’attention, de communication et d’empathie.
Dans quelques années, des robots autonomes circuleront dans nos champs, comme ils le font déjà sur les pelouses. Nous devrions réfléchir à des règles et à des limites pour leur utilisation, afin qu’une bénédiction potentielle ne se transforme pas en malédiction.
4. Diversité technique : Plus les interventions mécaniques dans le sol sont uniformes, plus la réaction de la nature l’est également. Par exemple, un travail principalement superficiel sélectionne des plantes accompagnatrices et des communautés de micro-organismes différentes de celles sélectionnées par un travail profond ou par retournement. Varier les outils utilisés accroît ici aussi la diversité.
5. « Rester dans la bonne structure » : Le sol ne devrait toujours être travaillé qu’à la profondeur et avec l’intensité nécessaires pour que la zone supérieure, la plus active biologiquement, ne soit ni détruite ni enfouie dans des zones pauvres en oxygène. Plus les agrégats sont stables et plus cette zone active, riche en pores d’air, est développée en profondeur, plus il est possible de travailler profondément sans modifier la stratification.
6. Travailler en préservant les agrégats : Pour travailler avec ménagement, ce n’est pas tant la quantité de sol déplacée qui compte que la sollicitation des agrégats due à la vitesse d’impact des outils. La dégradation de l’humus causée par le travail du sol se produit principalement à l’échelle microscopique, lorsque les complexes argilo-humiques sont brisés mécaniquement et que les matières organiques qu’ils renferment sont minéralisées.
7. Travailler de manière homogène : Lors de l’incorporation de matières organiques, il est très important de les broyer finement et de les mélanger uniformément, afin de créer la plus grande surface de contact possible avec la terre et ses organismes. Plus l’incorporation est profonde, plus cela est important. Sinon, des zones pauvres en oxygène se forment dans le sol, l’azote s’en échappe sous forme gazeuse et des phénomènes de putréfaction apparaissent.
8. Choisir le bon moment : Avant tout travail mécanique, il faut toujours creuser avec une bêche, « comprendre » le sol et évaluer avec ses sens son humidité, sa température et son odeur. Il n’est pas possible de prendre, depuis la cabine du tracteur ou à l’aide de capteurs modernes, des décisions pertinentes concernant le travail du sol le plus respectueux.
9. Éviter les compactages : Les compactages et les cisaillements du sol (lissage) ne peuvent être évités que lorsque le sol est suffisamment sec. De plus, les effets considérables des machines trop lourdes sur le sous-sol sont sous-estimés. Là-dessous, des pneus plus larges ne servent à rien non plus : seul le poids compte.
Et comme le changement climatique, avec ses phénomènes météorologiques extrêmes, s’accélère de façon dramatique, seuls des exploitations qui redeviendront plus petites, dotées d’une technologie légère et d’une grande flexibilité dans le travail du sol, pourront à l’avenir maintenir la production alimentaire.
10. Végétaliser le sol après le travail : Tout travail du sol est une blessure infligée à la peau naturelle de la Terre, qui a besoin de temps et de soins pour guérir. Plus le sol est rapidement recouvert de végétation et parcouru de racines, plus sa capacité de régénération et de rendement est élevée.
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